Chiko Chazunguza

Artiste visuel et iconoclaste du Zimbabwe, Chikonzero (Chiko) Chazunguza réalise des œuvres multimédias qui soulèvent des questions sur la condition postcoloniale, ainsi que sur le rôle et la nature instables de l’art dans le contexte postcolonial dans lequel il s’inscrit. Ses œuvres les plus marquantes sont celles qui redonnent au spectateur un sens de l’ordre rituel et des plus grands mystères de la vie, tout en offrant des analyses politiques et sociales incisives, mais subtiles. Chico est né et a passé sa jeunesse à Highfields, une banlieue à densité élevée d’Harare au Zimbabwe. En 1987, il a obtenu une bourse d’études pour étudier à l’Institute of Pictorial Arts de Sofia en Bulgarie. Il y a obtenu une maîtrise en beaux-arts, récoltant au passage une formation dans les techniques classiques de la gravure d’art, du dessin et de la peinture. Il a passé 7 ans en Bulgarie et a été témoin des changements politiques importants qui ont affecté ce pays. En 1984, il est rentré dans son pays d’origine avec le désir d’unifier sa formation acquise en Europe aux procédés artistiques indigènes du Zimbabwe. Chiko a choisi consciemment de renouer avec des modes locaux de fabrication et de perception visuelle, explorant les sphères d’esthétique communes aux traditions occidentales pour réaliser de nouvelles formes artistiques et des expériences visuelles inédites. C’est bien connu qu’il expérimente avec des matériaux variés pour créer ses peintures et ses installations. Il a, par exemple, utilisé des objets de la vie de tous les jours en Afrique pour remettre en question des préoccupations associées aux conditions postcoloniales au Zimbabwe, dont la répartition des terres, l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement et les rites traditionnels. Alors qu’il était au Zimbabwe, Chiko a été actif dans bien des domaines. Entre autres, il a enseigné pendant plus de 15 ans dans plusieurs universités et collèges. Il a été l’adjoint au directeur du Zimbabwe Institute of Vigital Arts et chef du département des arts du Harare Polytechnic College. De plus, il a été membre de jurys de plusieurs institutions artistiques dont la National Gallery of Zimbabwe et la National Art Gallery of Namibia. Chiko a également coordonné et facilité la mise sur pied de multiples ateliers et festivals; il a réalisé de nombreux courts métrages. Enfin, il a participé à plusieurs activités communautaires, que ce soit pour appuyer des clubs de football pour jeunes ou collecter des fonds pour obtenir des pompes à eau. Avant qu’il ne se sente contraint de quitter le Zimbabwe, Chiko avait eu le temps de fonder un centre de ressources artistiques, le Dzimbanhete Arts Interaction, qui poursuit ses efforts à ce jour pour participer à l’épanouissement de l’art contemporain au Zimbabwe. À son arrivée au Canada en 2009, Chiko a dû (encore une fois) faire face aux conceptions opposées « de l’ici et de l’ailleurs ». Cette réalité l’a inspiré à juxtaposer des éléments caractéristiques d’un monde occidental marqué par l’abondance et la consommation à ses souvenirs de pénurie et de lutte. Du même coup, son œuvre puissante et pourtant si remplie de finesse traite de « l’autre monde », celui de la spiritualité et de la responsabilité sociale. Pendant son séjour au Canada, en plus de faire tous les efforts pour s’établir en tant qu’artiste dans la société canadienne, il a mis sur pied une plateforme pour partager ses connaissances et ses expériences par le biais de l’enseignement des arts visuels et de sa deuxième passion, le tambour. Il a remporté de nombreux prix. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions individuelles en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, où des amateurs les collectionnent. http://chikochazunguza.ca/