Le pays de Dieu | Ghze- minidoo Ki

    Thursday, June 21, 2012 to Saturday, July 28, 2012

    Opening
    • Thursday, June 21, 2012 to Friday, June 22, 2012
    Commissaire : Howard Adler et Christopher Wong Artistes: Scott Benesiinaabandan, Douglas Cardinal, Tannis Neilson and Frank Shebageget Un essai critique de Howard Adler Le pays de Dieu est une station de radio au cœur du pays chrétien et de la musique gospel... … Le pays de Dieu est situé dans le Potters County, en Pennsylvanie. C’est un « pays intact, sauvage, bien préservé »... Le pays de Dieu est un récit moderne qui parle de l’esclavage, de jeunes femmes ignorées par la police, protégées par la « liberté de religion », enfermées dans des collectivités polygames éparpillées aux quatre coins de l’Amérique du Nord..., souvent appelé « godzone » (zone de Dieu), est une expression utilisée par les Néo-Zélandais et les Australiens pour définir leur patrie... Dans les années 1860, l’armée des états confédérés a qualifié de pays de Dieu certaines parties du Tennessee; la Californie a déjà aussi porté ce nom, de même que les plaines du Mississippi. On s’en sert encore pour désigner les États-Unis et certaines parties du Canada. Le pays de Dieu/Gzhe-minidoo Ki met à l’avant-plan quatre artistes autochtones contemporains dont les œuvres contestent de manière novatrice les récits historiques qui abordent le sujet de la colonisation. En s’appropriant une expression omniprésente pleine de connotations religieuses, le titre de l’exposition vise à reconquérir les terres autochtones en replaçant les conceptions occidentales de propriété et de possession dans le contexte autochtone. Lorsqu’elle est traduite en anishinaabemowin (la langue ojibwée), l’expression perd un peu de sa capacité à réclamer la récupération des terres autochtones puisqu’elle laisse entendre que les terres appartiendraient au dieu des colonisateurs. Dans cette exposition, les artistes explorent les méfaits et les procédés qui ont fait la colonisation, mais ils dévoilent aussi des pratiques et des stratégies de décolonisation qui ont pour objectif de redonner une voix aux Autochtones. Les artistes ont su honorer les traditions et les enseignements de leurs ancêtres en n’oubliant pas leurs histoires et en incorporant dans leurs pratiques artistiques des structures trouvées sur la terre et dans la nature. Cette œuvre minutieuse ne traite pas seulement du contexte canadien, elle traverse les frontières des autres pays pour s’intéresser à des héritages coloniaux similaires à l’étranger. L’exposition Le pays de Dieu/Gzhe-minidoo Ki demande aux spectateurs de se mettre à la place des peuples autochtones, qui continuent à lutter contre le lourd héritage que leur a laissé la colonisation, et de réfléchir à leur propre implication dans les histoires qui leur sont racontées. Douglas Cardinal a dessiné le Musée des Indiens d’Amérique, qui fait partie de l’Institut Smithsonian à Washington D.C, ainsi que St-Albert’s Place (la Promenade Saint-Albert), un bâtiment du gouvernement provincial situé à Ponoka, Alberta. Les deux monuments reflètent les caractéristiques de design curviligne de Cardinal. Le musée reprend les formes féminines nourricières de la Mère-Terre; le Saint-Albert’s Place dissipe la rigidité associée au gouvernement de l’Alberta. L’exposition comprend aussi sa maquette du Centre autochtone national sur l’île Victoria à Ottawa, Ontario. Le Centre est un bâtiment circulaire, ouvert sur les quatre points cardinaux et les lignes des solstices. Il fait face à l’est, symbole de réconciliation et du nouveau jour. Il a été conçu pour symboliser la prophétie des Sept feux des Anishinaabe. L’installation de Frank Shebageget est intitulée Lodge. Le Beaver, un avion-flotteur incontournable pour voyager dans les communautés éloignées du nord, est devenu synonyme d’innovation moderne et de spéculation des ressources. Par conséquent, il symbolise l’exploitation des populations autochtones et de leurs terres dans un intérêt purement commercial. Ici, le « barrage du castor » fait allusion à la production hydroélectrique, au déplacement des communautés, à la dévastation de vastes étendues sauvages. La vidéo expérimentale Ak-Sunrise de Scott Benesiinaabandan a été réalisée de janvier à avril 2012 dans le cadre du programme du Conseil des arts du Canada, Échanges coopératifs entre artistes des Peuples autochtones d’Australie et du Canada. Ce travail a été réalisé pour l’exposition Mii Omaa Ayaad/Oshiki Inenedamowin (Quelqu’un vit sur cette terre/Nouvelle réflexion) qui comprenait une série de nouvelles œuvres explorant l’histoire coloniale que partagent les Premières Nations du Canada et les Aborigènes d’Australie. Le travail aborde des idées, histoires et questions actuelles au sujet de la terre (terra nullius), la langue et la résistance. Not forgotten de Tannis Nielsen est une vidéo expérimentale qui traite de la perte de la langue et de la culture et qui aborde les effets nuisibles des politiques d’assimilation qui avaient cours dans les pensionnats, les couvents et les sanatoriums. Le visuel répétitif et l’ambiance sonore aérienne reflètent les souvenirs traumatiques du vécu dans les établissements, les notions de perte et de survie de la culture, les effets intergénérationnels et la nécessité de ne jamais oublier ce pan important de l’histoire. Howard Adler, 2012
    Notes en fin de texte : www.asinabkafestival.org