GALERIE 101 EN COLLABORATION AVEC LE ENRICHED BREAD ARTISTS A LE PLAISIR DE PRÉSENTER : À la verticale

    Friday, July 18, 2008 to Saturday, August 23, 2008

    Opening
    • Friday, July 18, 2008

    Ateliers

     

    Géométrie contemplative Professeure : Barbara Brown Le mercredi 23 juillet 18h30 à 21h30, frais de 30 $

     

    Atelier de monotype Professeures : Svetlana Swiminer et Joyce Westrop Le mercredi 30 juillet de 10 h à 13 h, frais de 30 $ + 10 $ pour les fournitures ou Le dimanche 10 août de 13 h à 17 h, frais de 30 $ + 10 $ pour les fournitures

     

    Mouvements et marques Professeur : Kenneth Emig Le dimanche 20 juillet de 13 h à 16h30, frais de 30 $

     

    Les ateliers prennent place chez l’EBA – 951 avenue Gladstone T. 613.230.2799 pour enregistrer. Sur le plan de la perception, lorsqu’une personne regarde un objet à la verticale, sa vision est affectée d’une drôle de façon. La taille des objets a tendance à diminuer d’une façon habituelle. Lorsque l’on regarde la lune à l’horizon, elle peut sembler extrêmement grosse. Quand elle s’élève dans le ciel, elle semble devenir plus petite, même si elle se trouve toujours à la même distance. La verticalité pourrait impliquer une hiérarchie puisqu’il faut lever les yeux pour voir le sommet. Elle peut aussi évoquer un voyage vers la sphère céleste, loin de l’existence terrestre, ou une façon de gravir les échelons de la réussite.

     

    Chacun des artistes du Enriched Bread Artist Collective (EBA) a sa façon unique d’aborder le sujet de la verticalité. Les membres du collectif ont l’habitude de travailler autour de sujets communs puisqu’ils organisent régulièrement des expositions dans l’espace communautaire qu’ils partagent sur la rue Gladstone, où se trouvent leurs ateliers. Ce qui ne veut pas dire que leurs œuvres se ressemblent, au contraire : les membres du collectif se servent de thèmes partagés qu’ils traitent chacun à leur façon pour affirmer la diversité des démarches des artistes individuels.

     

    Juliana MacDonald et Carl Stewart se servent tous deux du papillon pour explorer le thème de la fragilité de la vie. L’œuvre de MacDonald, faite de plusieurs épaisseurs, met en évidence le cocon pour montrer les possibilités d’une vie qui ne s’est pas encore réalisée ou qui ne sera peut-être pas menée à terme. Dans les 1950 et 1960, le papillon était une décoration extérieure répandue sur les maisons : c’était un symbole porte-bonheur. Les papillons peuvent voler très haut et très loin, mais il suffit de les attraper et de les serrer trop fort pour qu’ils meurent. Marika Jemma traite aussi de la thématique de la mortalité en utilisant des matériaux trouvés pour bâtir une pièce sculpturale qui reflète le processus de la croissance et de la ruine, de la naissance et de la mort.

     

    Les ordures, qui sont les traces de notre existence, peuvent traiter avec éloquence de la question des abus de la culture occidentale et être à la base d’une critique sociale qui porte sur l’environnement. Joyce Westrop se sert de matériaux trouvés, comme par exemple des pneus éclatés en bordure des routes, pour construire une échelle déformée qui semble vouloir toucher le ciel. Ce drôle d’escabeau, s’il était à l’échelle, s’effondrerait et rendrait futile l’escalade, comme une allusion à un concept linéaire du progrès. Uta Riccius bouleverse le concept attendu de la verticalité en écrasant l’espace visuel de son œuvre. Ses objets coulés en matériaux plastiques, dont on se serait autrement débarrassé, sont placés avec soin sur cet univers aplati. Karen Jordon est une autre artiste qui se préoccupe de l’environnement. Son travail aussi est fait de matériaux qu’on aurait jetés (dans ce cas-ci, ce sont des morceaux de cassettes qui lui ont été donnés). Ces artistes travaillent l’idée de la consommation et des déchets dans notre société.

     

    La robe de soirée des années 1950 de Gayle Kells, faite d’emballages de beurre récupérés, exprime bien les concepts du corps et l’obsession de notre société pour l’image. Une livre de gras équivaut à une livre de beurre. La fille, sujet d’Amy Thompson, fixe intensément une échelle qui ne sert à rien parce qu’il lui manque ses premiers barreaux. Des questions de sexualité, d’identité et de quête de la perfection sont évidentes dans leur travail. Dans son travail, Cindy Stelmackowich se préoccupe aussi de la question du corps. Elle critique la façon que la science médicale construit et déconstruit les perceptions du corps.

     

    Les personnages de Tavi Weisz pourraient être en train de monter ou de tomber. D’une manière métaphorique, on pourrait dire qu’une personne en guide une autre; dans toute escalade, la gravité peut intervenir et entraîner une chute tout en bas. Inversement, Barbara Brown célèbre la force du cercle pour guérir : sa verticalité s’exprime au moyen d’un flux cyclique ininterrompu qui établit l’équilibre. Trois artistes travaillent l’abstraction d’une façon des plus intenses : Dipna Horra, Sarah Anderson et Daniel Sharp. Les œuvres bidimensionnelles de Dipna explosent de couleurs brillantes et de composition expressive. Les formes et les couleurs de Sarah Anderson s’amusent entre elles à déjouer le regard. Les compositions de Daniel Sharp, inspirées par des formes trouvées dans la nature, rappellent les ombres que les formes projettent. Les ombres font allusion à la solidité de l’objet tout en suggérant sa fragilité. Les œuvres d’Hedda Sidla présentent, au moyen des motifs et de la forme, l’intérêt que la peintre porte au paysage : ses œuvres, qui ne sont pas la copie conforme de lieux particuliers, reflètent l’atmosphère et la mémoire intuitive de l’espace.

     

    Depuis quelque temps, au moyen de théories qui rendent probables les univers parallèles et les dimensions multiples, la science remet en question notre manière de construire l’espace. Svetlana Swinimer, Jean Halstead et Kenneth Emig créent des œuvres qui jumellent de nouvelles possibilités autour de ces idées, et qui y font allusion. Ces artistes semblent vouloir aller au-delà des espaces tridimensionnels que nous occupons. Chacune de ces œuvres uniques nous transporte en des lieux imprédictibles qui permettent à l’imagination de repousser les frontières du prévisible.

     

    Enfin, le fait de regarder à la verticale signifie-t-il que l’on regarde de bas en haut ou de haut en bas? L’un des artistes du EBA a expliqué le concept de la verticalité en fonction du mythe grec d’Icare. Le désir de voler d’Icare était si grand que, malgré les sérieuses mises en garde de son père, il s’est envolé dès qu’il a reçu sa cire et ses ailes de plume mais il s’est rendu trop près du soleil. Entouré des tessons de ses plumes fondantes qui tombaient, il a chuté au sol et mourut. Les nombreuses interprétations et investigations des artistes du Enriched Bread Artist Collective sur la verticalité ont mené à la création d’une exposition unique en son genre. Même si la diversité en est le mot d’ordre, l’ensemble de l’exposition se tient très bien et donne l’occasion à notre imaginaire collectif d’aller au-delà d’une seule explication trop simple.

     

    Leanne L’Hirondelle Directrice/Conservatrice

     

    Enriched Bread Artists L’Enriched Bread Artists (EBA) est un collectif polyvalent formé de divers artistes d’Ottawa. Le groupe porte ce nom parce que l’édifice où les membres gèrent en coopération un ensemble de studios est une ancienne boulangerie industrielle. Formé en 1992 par des diplômés de l’Université d’Ottawa, les artistes s’y sont succédé au fil des ans dans un mouvement d’effervescence artistique ininterrompu. L’EBA est un atelier d’art et un laboratoire artistique. Aujourd’hui, l’EBA est le plus grand immeuble de studios artistiques de la région d’Ottawa. Les artistes du collectif exposent leurs œuvres dans la région, au pays et à l’étranger. Chaque année au mois d’octobre, les artistes de l’EBA organisent une journée portes ouvertes pour la communauté d’Ottawa.

     

    Daniel Sharp