Thursday, October 26, 2000 to Saturday, December 2, 2000

    Opening
    • Thursday, October 26, 2000
    Boxes & Borders est un projet de collaboration qui s'attarde sur l'exploration artistique de l'identité dans un contexte de relations inter-culturelles. Ce projet se base sur le fait que l'économie globale, avec ses échanges de produits, et par conséquent de culture, a radicallement changé les identités locales autrefois détachées l'une de l'autre. La "globalisation" est un concept économique qui ne cherche pas l'unité harmonieuse du monde, mais affirme plutôt le droit des corporations à vendre leurs produits partout dans le monde. En réaction à cette tendence à la standardisation et créant ainsi un paradoxe, nous pouvons observer diverses tentatives de réaffirmation des racines culturelles,. D'un coté, la technologie et l'économie tendent à confondre les communautés dans un marché commun. Par opposition, l'identification d'un lieu d'appartenance, avec ses normes et ses règles propres, fait la promotion nostalgique du passé. Des questions se posent alors sur la manière de se constituer des identités qui émergeront de ce paradoxe, et sur les façons d'éviter de justifier naïvement cette nouvelle structure globale. Mexico, au yeux de ses partenaires de l'ALéNA, est un pays sous-développé, même si sa tradition marchande s'étend jusqu'à l'époque pré-coloniale. Aujourd'hui, il est difficle d'éviter les petits marchés et les nombreux kiosques installés aux intersections, sur les places, dans les parcs. Ces marchés autrefois traditionels, se sont adapté à la globalisation et il n'est plus étonnant d'y trouver des montres et des machines à laver fabriquées aux états-Unis ou au Canada, en plus des marchandises traditionellement mexicaines. Certains artistes de Mexico ont trouvé les moyens de prendre en compte cette globalisation. Ils ont adapté ou transformé des "produits" provenant des traditions populaires en objets de consommation "globale". Récemment, les sacs tissés de fibres plastiques qu'on trouve facilement au Mexique sont devenus, en Europe, des articles à la mode. En se basant sur ce succès, Ilián Gonzáles et Maurycy Gomulicki ont voulu accentuer ce paradoxe en créant des objets qu'ils exposeront à la manière des étalages de grands magasins nord-américains, détournant ainsi le sens habituel des influences économiques et accentuant les valeurs d'originalité et d'exotisme. Minerva Cuevas s'est intéressé à la manière dont cette économie globale se révèle à travers les habitudes vestimentaires des Mexicains. La série "Think Globally, Act Locally",se compose de portraits photographiques d'individus vêtus de t-shirts ou de casquettes arborant des logos corporatifs. Ces images mettent en évidence à quel point la globalisation "avance" dans les sociétés les moins riches. Le travail sous-rémunéré est également une caractéristique de l'intégration mexicaine au marché nord-américain. María José Gorozo est née dans une famille ouvrière dans le sud de l'Argentine, où les femmes travaillent souvent comme bonne. Sa pratique s'est souvent attaché à dénoncer l'exploitation des travailleuses. Sa dernière pièce aborde l'état de quasi-esclavage des ouvrière de l'industrie maquila tout près de la frontière avec les états-Unis. Cette oeuvre consiste à coudre et recoudre sans cesse (et sans raison apparente) une pièce de toile, un procédé qui ne s'acorde évidemment pas avec l'efficacité exigée par le marché. Jerónimo Hagerman a, quant à lui, adopté une autre approche en explorant l'image des "autres" cultures exploitées par le marketing. Il a réunis douze pastilles de couleur dont les noms et les lieux d'origine composent des titres. Ce système met en évidence le caractère trompeur, et parfois comique, des références aux autres cultures. En utilisant des noms comme azul chapultepec, il incite les visiteurs (consommateurs) à s'approprier non seulement une couleur, mais l'idée d'une contrée lointaine. Boxes & Borders propose qu'une des solutions au problème de la globalisation culturelle se trouve dans notre habileté à accepter notre difficulté à comprendre l'autre, nous plaçant devant la tâche de nous comprendre soi-même. Antonio Outón