Thursday, September 7, 2006 to Saturday, October 7, 2006

    Opening
    • Thursday, September 7, 2006
    À la fois un hommage au génie de Katsushika Hokusai, artiste japonais de la période Edo et père du manga, à la fois une communication de sa façon d’amener l’inconscient, à la fois une exploration de la confluence du multiculturalisme et de la culture pop, Of Manga and Mongrels(De manga et des bâtards), présente une série de nouvelles œuvres à base d’encre de l’artiste Howie Tsui. Tsui emploie une démarche nettement artisanale et bricolée pour réaliser ses dessins, démarche dérivée d’une série d’expérimentations fructueuses avec le copier/coller – un procédé qui complète les origines ‘dénaturées’ et ‘mêlées’ qui définissent le bâtard. Tsui se sert d’adhésif pour coller des photocopies de figures de Hokusai sur du Mylar, pour ainsi créer la base d’un pastiche. Ensuite, il dessine, peint et manipule le collage pour créer de nouveaux portraits de bâtards qui, par leurs détails disposés en couches et leur énergie profondément changeante, deviennent presque psychédéliques. En réduisant la facture picturale et en se servant d’une palette sourde, Tsui met l’accent sur l’expression subtile et l’utilité créatrice des lignes d’encre. Les dessins de Hokusai servent de tremplin à l’expression grotesque de Tsui, qui peut devenir réalité, en révélant avec chaque touche de multiples possibilités et des chassés-croisés de récits. En s’amusant à fignoler l’œuvre d’Hokusai, Tsui transforme le contour souple de la narine délicate d’une serveuse de salon de thé en œil plissé de visage porcin à lunettes; les corps arqués de lutteurs sumo deviennent le profil pointu d’un bâtard à barbiche; la bouche grande ouverte d’un marchand devient l’œil noir d’un panda à grosse moustache. En y regardant de plus près, le spectateur s’aperçoit que les faces cachées d’Hokusai percent sous les dessins superposés, et il remarque la récupération ingénieuse de certaines lignes et de détails précis. Le chevauchement des sujets requiert du spectateur qu’il fasse une sorte d’excavation visuelle, qu’il mette ensemble les signes du passé et du présent, de l’humain et de l’animal, de l’ethnicité et de la culture pop. Il revient au spectateur de séparer et d’interpréter graduellement la relation qui s’établit entre ces aspects. Est-ce une fusion bacchanale ou une prise de contrôle inamicale? Une coexistence symbiotique ou une colonisation impériale? Une vision constructive et pluraliste ou un cauchemar schizophrénique? La nature hybride des personnages de Tsui et l’exploration qu’il fait de l’identité et du conflit culturel le placent dans un contexte canadien contemporain aux côtés d’artistes comme Ed Pien et Brian Jungen. En même temps, les dessins et les thèmes de Tsui, et la façon qu’il utilise les matériaux se rapportent aux techniques de l’animation classique. En établissant un lien entre son travail et le manga d’Hokusai, Tsui montre une évolution du dessin à travers les siècles et les cultures. Au bout du compte, c’est le caractère enjoué satirique propre à l’animation qui guide Tsui dans sa résolution de l’équation du traditionnel mis en presence du populaire, permettant ainsi à ses dessins chimériques d’être à la fois accessibles et complexes. Colin Vincent, écrivain Marie-Thé Morin, traductrice Howie Tsui remercie la Ville d’Ottawa, le Conseil des arts de l’Ontario, et le Conseil des Arts du Canada.