Thursday, June 29, 2006 to Saturday, July 29, 2006

    Opening
    • Thursday, June 29, 2006
    En tant qu’immigrante récemment arrivée au Canada en provenance de la Chine, et après qu’on l’ait découragée de mener une carrière d’artisane, Jingyuan Huang mène une pratique artistique guidée par la curiosité d’explorer des notions d’identité au moyen de l’image historique. Son travail met en valeur l’importance de l’histoire dans la formation de l’identité et dans l’information qui entre dans nos négociations avec les autres. En utilisant du papier de riz et de la toile écrue, Huang s’aventure dans un processus de création qui entremêle à la fois ses enseignements antérieurs de calligraphie et ses plus récentes habiletés acquises dans le domaine de la peinture. Le travail de Huang est centré sur les images des guerriers Terracotta qui ont été retrouvés dans la tombe géante de Qin Shi Huang Di. La découverte de ces guerriers compte parmi les plus remarquables de la fin du XXe siècle. Les guerriers d’argile grandeur nature, au nombre de 7 000 et en pleine formation militaire, entourent la dernière demeure du premier empereur de Chine. Les trouvailles sur le site forment un microcosme de son empire et de son héritage, et témoignent de sa croyance dans la nécessité de conserver sa puissance jusque dans l’au-delà, grâce à la protection de ses guerriers. Dans la Chine contemporaine, ces guerriers sont devenus un puissant symbole culturel national d’unification, et reflètent le développement et la croissance grandioses du pays. Avec Anachronism, les guerriers occupent une place prépondérante dans les peintures de Huang. Sa démarche contemporaine pour réaliser ces images crée un lien avec l’histoire et l’héritage, et permet d’élargir notre compréhension. Sur la toile, les guerriers sont représentés avec des têtes jumelées à des corps et des mains trop petits, dans des récits isolés dont la mise en scène contraste avec des arrière-plans clairs. Ce type de représentation est la clé du travail de Huang, qui consiste à exprimer les incertitudes et l’harmonie. Par contraste à des interprétations populaires très ressemblantes des guerriers, Huang nous les présente comme des figures proportionnées avec maladresse, dans des positions de commande déstabilisées par la taille des parties du corps et la relation entre chacune de ces parties. Vêtues d’habits aux couleurs brillantes et ornées de fleurs délicatement esquissées, ces figures animées sculptent des réalités abstraites et expressionnistes remplies d’absurdités, et se déplacent d’une réalité à l’autre. Dans ce sens, le travail de Huang développe une sensation d’incertitude et de flottement entre les mondes : elle reprend d’une façon poétique l’idée de l’au-delà et de la liberté vers l’inconnu. La représentation des guerriers de cette façon leur enlève la position de force qui leur est associée d’habitude; elle chamboule notre compréhension de telles images iconiques et nous permet de mieux comprendre la résolution personnelle de Huang du passé et du présent. Texte par Rosemary Marland, M.A. Art History, Contemporary Chinese Art, Université Carleton, Ottawa Traduit par Marie-Thé Morin