Friday, September 5, 2008 to Saturday, October 4, 2008

    Opening
    • Friday, September 5, 2008
    GALERIE 101 EST FIÈRE DE PRÉSENTER : EN COLLABORATION AVEC L’ABORIGINAL CURATORIAL COLLECTIVE UNE COPRÉSENTATION DE LA FOREMAN GALLERY, UNIVERSITÉ BISHOP’S : COUTUMES ‘’La vérité à propos des histoires : c’est la somme de ce que nous sommes’’– Thomas King L’affirmation de King nous fait constater bien des choses. Les histoires et les récits sont des idées complexes qui façonnent les points de vue, les vies et les décisions. Les histoires évoluent au moyen de la tradition orale, la diversité culturelle, la simplicité et le cérémonieux; les histoires que nous entendons et que nous racontons s’inspirent du vécu et de l’imagination qui, lorsqu’ils sont mêlés à des soupçons d’histoire, de politique, de religion et de conversations amicales, aident les personnes à comprendre leurs rapports à un lieu, la foi et l’autre. Le principe de la tradition orale (l’expression verbale d’idées qui favorisent les communications amicales) est une activité vigoureuse qui invite à la découverte par les sens au moyen de l’écoute et du pouvoir du son. Le récit oral développe la culture; c’est une expérience partagée, qui se propage de génération en génération. L’orateur ou le raconteur a la capacité absolue d’appâter l’imagination de son public pour partager la connaissance, retrouver la mémoire et préserver les témoignages. Toutefois, le développement et l’implantation de la littératie (un système d’écriture et d’impression qui va au-delà des procédés mnémoniques) a remis en question et réduit la magnitude de la tradition orale et sa portée dans le monde occidental. Dans leurs œuvres de l’exposition COUTUMES, les artistes Duane Linklater, Tania Willard et Jason Lujan s’inspirent des formes enracinées, variées et puissantes du récit et de la tradition orale, qui ont une résonance dans les cultures des Premières nations et d’ailleurs, pour les mettre en valeur d’une manière contraire aux attentes. Les artistes, qui soutiennent et partagent l’idée de Thomas King que « les histoires sont des choses merveilleuses », sont également conscients, soucieux et respectueux de la notion « … qu’elles sont dangereuses… » Parce qu’une fois racontée, une histoire ne peut être reprise. Une fois racontée, elle va librement dans le monde. Linklater, Lujan et Willard sont des raconteurs à part entière; ils donnent au récit une voix visuelle. L’histoire, le narrateur et la portée sans fin de la tradition orale assurent une base solide aux artistes qui peuvent chercher la dichotomie de réalités universelles reposant tout autant sur des mythes que sur des faits et de la fiction. En explorant des coutumes qui s’articulent sur une vision du monde coloniale, Linklater et Willars s’approprient et traduisent des récits originaux afin de déconstruire les voix et les croyances dominantes enfoncées dans la conscience occidentale. Alors même qu’ils sont propagés, non seulement à l’oral mais abondamment dans des textes publiés par la société et les médias occidentaux, ces récits continuent d’avoir un effet à tous les niveaux de la société. Dans leurs œuvres imagées, les artistes inversent l’échafaudage des récits dominants pour retirer de leur contexte des perspectives erronées et reconstituer le chemin critique des voix autochtones et d’autres voix, qui se rapportent à la limite des croyances dans les sociétés. Le travail de Linklater porte sur la prémisse du récit de la captivité dépeint dans la littérature populaire des 18e et 19e siècles, comme dans The Abduction of Daniel Boone's Daughter by the Indians (L’enlèvement de la fille de Daniel Boone par les Indiens) de Charles Ferdinand Wimar (1853) ou The Redeemed Captive Returning to Zion (Le retour du prisonnier rescapé à Sion) du Révérend John Williams (1706), des récits qui ont contribué à créer les stéréotypes du « sauvage », puis les ont propagés et érotisés dans le discours colonial des sociétés européenne, états-unienne et canadienne. Dans les huit peintures qui constituent Narrative of My Captivity (Récit de ma captivité), Linklater exagère généreusement mais délicatement une tension et une atmosphère qui forment une esthétique insolite digne d’un livre de conte de fées. Il affirme : « L’objectif de ces peintures, c’est de saboter les stéréotypes en m’appropriant et en remettant en contexte subtilement des images et des histoires tirées de contextes européens. Ces peintures devraient évoquer une gamme de réactions chez les spectateurs et entamer ensuite un dialogue qui permettra de déconstruire les stéréotypes des peuples autochtones dans la société contemporaine. » Le cadre conceptuel entourant The Old One’s de Tania Willard place les cultures autochtones et coloniales en opposition, afin que chacune d’elles puissent trouver un équilibre, et qu’elles puissent ensemble opposer une résistance au projet colonial. Willard utilise la peinture (RIP et Spiritual Survivor), la gravure (Thunderbird) et les travaux d’édition (Dreaming Terra Incognito), pour mettre l’accent sur l’interruption abrupte des croyances communes, et la réalité de deux cultures qui est toujours mal comprise de nos jours. Willard est en mesure de défaire la structure hiérarchique du récit original en superposant – pour la perturber – la réalité au mythe, à la spiritualité et à la superstition pris dans leur globalité. Willard combine la tradition orale, l’histoire et l’ethnographie pour mettre en valeur la puissance de la voix et de la foi qui renforce la survivance et l’esprit. La pièce multimédia From One Dream To Another de Jason Lujan trace le voyage à travers la forêt d’une jeune fille autochtone qui est attirée par le paysage urbain et l’animation d’une communauté globale et locale. Dans un état d’esprit onirique, elle parvient enfin à destination, perdue au milieu du béton. Avec lucidité, le récit explore les transitions identitaires et joue avec elles au moyen de formes changeantes, d’assimilation culturelle et d’hybridation. Lujan se sert de photographies prises avec un temps de pose prolongé, qu’il anime en les couvrant d’éléments graphiques et de son, pour mettre gentiment en valeur la métaphore, l’allégorie populaire et les positions uniques d’un pouvoir culturel que l’on recherche par nature. On peut voir dans From One Dream to Another un récit édifiant, un avertissement par rapport à la nature et à la structure des coutumes qui se traduit universellement. Ensemble, les œuvres de LORE (COUTUMES) mettent de l’avant une occasion de critiquer, manipuler et reconsidérer l’effet et l’héritage qui se sont développés au moyen de la tradition orale et l’art de la narration. Les œuvres manipulent les coutumes intemporelles accumulées au fil des générations et qui persistent silencieusement dans les esprits. John Bentley Mays, critique d’architecture et d’arts visuels, nous rappelle que nous avons des histoires qui nous apportent un savoir, des histoires qui nous guérissent, des histoires qui nous préviennent du danger et des histoires qui nous guident. Il y a encore bien des histoires à raconter et à résoudre. Ryan Rice, commissaire 2008 Ryan Rice, Mohawk de Kahnawake au Québec, est un commissaire indépendant. Rice a obtenu un magistère en conservation du Center for Curatorial Studies, Bard College, New York; il a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia et a été un associé en arts de l’Institute of American Indian Arts, à Sante Fe, Nouveau Mexique. Au cours des douze dernières années, il a travaillé dans le milieu des musées et des galeries à titre d’enseignant, d’interne, de technicien et de commissaire (adjoint, invité, en résidence, indépendant et chef de projet) au Iroquois Indian Museum, au Musée canadien des civilisations, au Indian Art Centre (DIAND), à la Galerie d’Art de l’Université Carleton et à la Walter Phillips Gallery. Rice est cofondateur et coordonnateur de Nation To Nation (www.nation2nation.org), un collectif d’artistes des Premières nations, et cofondateur et président du Aboriginal Curatorial Collective (www.aboriginalcuratoialcollective.org). En 2008, Rice présentera en tournée ses expositions ANTHEM: Perspectives on Home and Native Land et Oh So Iroquois, et lancera de nouvelles expositions à Lethbridge (Alberta), Toronto (Ontario) et Montréal (Québec). Bibliographie King, Thomas, The Truth About Stories (A Native Narrative), House of Anansi Press, 2003 Linklater, Duane, Réflexion de l’artiste – Correspondance par courriel 2008 Lujan, Jason, Réflexion de l’artiste – Correspondance par courriel 2008 Willard, Tania, Réflexion de l’artiste – Correspondance par courriel 2008