Friday, October 26, 2007 to Tuesday, November 27, 2007

    Opening
    • Friday, October 26, 2007
    En collaboration avec le COLLECTIF DE CONSERVATEURS AUTOCHTONES Stephen Foster et Maria Hupfield créent tous deux tension et équilibre dans les tableaux photographiques qu’ils mettent en scène. Leurs œuvres abordent des relations de pouvoir propres à la personne et à la communauté, et elles reflètent de plus larges préoccupations aux plans social et politique. Tension et équilibre sont l’effet créé par la présence de personnages doubles ou par l’emploi de « jumeaux ». C’est cela qui se trouve au cœur des stratégies conceptuelles et visuelles de Foster et Hupfield. La présence d’un deuxième individu sous-entend une relation symétrique intentionnellement ambiguë : les personnages sont-ils des adversaires de force égale engagés dans une lutte ou sont-ils en train de résoudre conjointement des problèmes au moyen du dialogue? Les deux artistes, qui s’intéressent aux connaissances et aux comportements réactionnels physiques et psychologiques, créent une tension essentielle à leur exploration des rapports changeants des relations sociales en évolution. Stephen Foster est un artiste de la vidéo dont le travail s’organise essentiellement autour d’une installation vidéo multicanaux et la photographie numérique. Par des récits tirés de son propre vécu, il explore dans son travail des questions politiques liées à la représentation autochtone dans la culture populaire. L’artiste, qui s’intéresse au terrain changeant qui existe entre image personnelle et discours politique, traite de « l’héritage colonial de la construction de la nation et des identités hybrides, s’inspirant d’un vaste éventail de sources culturelles pour créer plusieurs couches de références textuelles qui déconstruisent mythe et doctrine ». (Foster, réflexion de l’artiste) Au moyen de gestes performatifs, Foster aborde les questions de la politique, de l’idéologie et de l’histoire coloniales au Canada. Les personnages qu’il a créés jouent des rôles adverses dans les photomontages qu’il a mis en scène. La tension est créée par la représentation de rivaux : dans la pièce Death of Empire (Mort de l’empire), il y a un capitaine colonial britannique et un chef autochtone; dans Gunfight 2 (Échanges de coups de feu 2), il y a un cow-boy et un Amérindien. Dans sa critique de la représentation, les relations de force sont jouées de façon conflictuelle. En se servant de l’ironie, du sarcasme et de l’humour, il met l’accent sur les relations entre les Européens occidentaux et la culture autochtone. Les personnages de Foster sont sophistiqués mais il est tout de même possible de s’identifier à eux. Son travail est rattaché à un thème identitaire, peut-être même à une tension intime, bien qu’il soit aussi conçu pour compliquer et contredire les représentations culturelles que l’on retrouve dans les moyens de communication de masse. Bien qu’un besoin de réciprocité soit implicite dans le travail de Foster, celui de Maria Hupfield trahit explicitement la nécessité de l’équilibre. Hupfield est une artiste interdisciplinaire dont les pièces et installations de techniques mixtes explorent des images de femmes autochtones et les enjeux hommes-femmes, démantelant les stéréotypes grâce à un mélange de styles traditionnels et contemporains. Son travail parle « de réclamer l’espace, d’aller de l’avant, de changer d’aspirations et de marquer d’une empreinte positive et assurée les lignes du nouveau dessin qui nous définit et l’espace dans lequel nous bougeons ». (Hupfield, réflexion de l’artiste) Les épreuves chromogéniques de Hupfield représentent deux figures féminines en relation l’une avec l’autre et avec leur environnement. Les figures sont liées par le toucher au milieu d’environnements fabriqués par les hommes, pour traiter de la façon que les femmes et les paysages ont été représentés dans l’histoire. Les figures peuvent être perçues comme des jumelles ou des sœurs puisqu’elles représentent « l’énergie des rapports changeants entre femmes des communautés autochtones, une énergie faite de soutien, de lutte, de douleur, d’endurance et de force ». (Hupfield) Leur position dans les décors attire l’attention sur les relations sous-jacentes du soutien et de l’opposition. Les deux artistes incarnent la lutte pour l’équilibre en se mettant eux-mêmes en scène dans leurs œuvres. Tous deux adoptent le rôle de personnages aux idéologies divergentes afin de présenter des affrontements symboliques : Foster se sert de ses costumes; Hupfield, de ses interactions physiques. Les rapports changeants du pouvoir de même que les conflits internes et externes sont examinés au moyen de la tension créée par les figures de Foster et de Hupfield. Le travail de Foster jette un regard sur les relations entre les communautés; celui de Hupfield, sur les relations dans la communauté. Leurs œuvres parlent de la « dépendance humaine envers les relations, les uns avec les autres, et comment nous sommes impliqués dans notre environnement ». (Hupfield) Ces constructions, qui encouragent la contemplation d’une conscience de soi et d’une conscience culturelle, présentent des réalités dynamiques qui défient les aspirations intimes et celles héritées de la culture populaire. Au moyen d’affrontements issus des représentations et des récits historiques et contemporains, Foster et Hupfield dévoilent des espaces complexes qui admettent les tensions tout en identifiant la possibilité de l’équilibre. - Michelle LaVallee, commissaire Michelle LaVallee est une artiste qui a une pratique interdisciplinaire; c’est aussi une éducatrice et conservatrice des arts communautaires. LaVallee est d’origine Ojibway et est membre de la Première nation des Chippewas de Nawash, à Cape Croker, Ontario. Née à Newmarket en Ontario, elle vit présentement à Toronto. Elle a récemment obtenu une bourse d’Aide aux conservateurs autochtones pour des résidences en arts visuels du Conseil des Arts du Canada et a passé la dernière année à développer une programmation et faire de la recherche à la A Space Gallery à Toronto. LaVallee a été conservatrice invitée à la Galerie canadienne de la céramique et du verre à Waterloo, et organisé plusieurs expositions pour l’ANDPVA (Association for Native Development in the Visual and Performing Arts), y compris à l’hôtel de ville de Toronto et dans le cadre du pow-wow du Festival autochtone du Canada au Rogers Centre à Toronto. LaVallee a obtenu un BFA et un B.Ed. de l’Université York à Toronto.