Saturday, June 16, 2007

    Opening
    • Saturday, June 16, 2007
    Pour appuyer les efforts que nous déployons afin d’élargir notre public, nous devons faire remarquer l’emplacement de la galerie. Pour cette raison, et pour que l’art soit accessible au public, nous avons installé deux projets de peintures murales sur les murs extérieurs de la galerie. L’idée qui sous-tend ces deux projets ambitieux est inspirée de projets de peintures murales qui représentent des histoires de la région et des visions communautaires. Ces projets mettent aussi en évidence les relations essentielles entre les politiques et l’art, le public et l’art. Notre travail de collaboration artistique a abouti en une proposition de murale qui englobait à la fois les arts visuels et la littérature. Le texte est recherché et itératif; un mélange du familier et de l’étrange. Entouré de texte, le cheval offre un point fixe : une image simple, comme tirée d’un conte. Le texte est placé dans des bulles de bandes dessinées, ce qui porte les spectateurs à lire les mots comme s’ils traduisaient les pensées du cheval. Cette supposition est toutefois empreinte d’ambiguïté et de fugacité. Qui était Minnie the Mooch? Quelle relation entretenait - elle avec le cheval sans nom? Comment est-elle morte? Pour commencer, qu’estce qui la portait dans les airs? Avec toutes ces questions, le texte et l’image sont conçus pour convaincre les spectateurs de poursuivre le récit, d’étoffer les dessous de l’histoire et d’imaginer la suite de la chute tragique. Les grandes œuvres d’art ont la capacité de modifier la perception qu’ont les spectateurs du temps et de l’espace. Notre intention est d’attirer les spectateurs puis de les ralentir, c’est-à-dire de leur donner envie de rester plus longtemps que de coutume devant l’œuvre d’art. Au début, quand nous avons discuté du projet, nous nous sommes entendus sur deux choses : qu’une forme animale ferait partie de l’œuvre et que cette dernière devait discrètement tenir compte du salon funéraire en face du stationnement de la Galerie 101. Le texte est inspiré d’une scène du film Before Night Falls de Julian Schnabel. Un groupe de dissidents sexuels et politiques décident de fuir la dictature de Castro en montgolfière. Mais un traître au sein du groupe contre carre le départ et lance le ballon dans les airs alors qu’il en est le seul passager. Le grand ballon monte dans le ciel, puis faiblit pour s’écraser au sol, éjectant son seul passager qui se tue sur la dure chaussée de la Havane. Nous voulions éviter de faire une représentation littérale de la scène. Pao, qui est attiré par les animaux et aiment les dessiner, a suggéré de recréer la scène sous forme de conte de fées ou d’histoire pour enfants, avec des créatures de lumière de ciel diurne qui regardent s’envoler le ballon sur un fond de ciel sombre. Pao a choisi l’image d’un seul cheval pour l’impression de mélancolie solitaire qui s’en dégage. Le texte m’est venu d’une seule traite. L’idée des animaux de contes de fées — les bêtes de fable qui remontent jusqu’à Jean de la Fontaine, Chaucer et Aesop — évoquaient aussi pour moi les dessins animés de Disney. Minnie Mouse m’est venue à l’esprit, même si je ne voulais pas voir trottiner de façon anthropomorphique les personnages de Disney sur le mur. Toutefois Minnie Mouse m’a conduit inévitablement à la Minnie the Mooche de la chanson de Duke Ellington. Un « mooche » (ou « mooch ») est un parasite ou un toxicomane, ou les deux, et cette définition rejoint l’idée d’une personne qui peut trahir ses amis sans même y penser. J’ai écrit un texte de style élégiaque, au rythme lent, rempli de propositions et d’expressions entre parenthèses, avec des virgules pour ralentir encore plus la lecture des spectateurs, pour les enfoncer dans le temps de rêve de Nightfall. Plus encore, je voulais traduire l’émotion trouble que l’on ressent quand une personne que l’on aime nous trahit, ce mélange étrange de tristesse et d’admiration, tristesse en voyant que cette personne puisse nous faire si mal sans considération, admiration devant la témérité d’un tel manque de considération. Si l’amour est assez fort, on va même jusqu’à aimer ce traître. Le cheval traduit un je-ne-sais-quoi de vaillance en se tenant dans l’image, silencieux mais éloquent, contemplant le départ et la mort d’une personne qu’il a tant aimée qu’il s’en ennuie et pleure sa mort en dépit de sa trahison. En dehors de cela, nous voulions que le texte présente des convoitises mortelles : le désir de fuir vers un monde meilleur et les obstacles, dans cette vie, qui empêchent de jamais atteindre un tel objectif transcendant. Will Aitken et Pao Quang Yeh Et quand le brouillard s’est levé, il s’est aperçu que tous les rêves d’évasion de Minnie the Mooch, après s’être élevés au moyen de cet étrange transport de lumière, s’étaient effondrés sur la terre tolérante où ils, et elle, gisent désormais brisés. Il aurait pleuré s’il en avait été capable, et malgré tout, il y avait une certaine noblesse à le voir essayer et de la beauté dans l’image ascendante du départ éclatant, qui ne pourrait jamais être effacée par La Chute. Il allait s’ennuyer d’elle, il s’ennuyait déjà d’elle à l’instant même, même si elle gisait sur le sol froid à quelques pas de l’endroit où il s’était figé pour voir son vol. Mais pour toujours, dans son esprit, il la verrait en l’air. Se posant. Remerciements : Ce projet a reçu le soutien financier du Fonds Dennis Tourbin pour les artistes en devenir, administré par la Fondation communautaire d'Ottawa. Le Fonds Dennis Tourbin rend un hommage permanent à cet artiste d'Ottawa très respecté qui a laissé sa marque dans le paysage artistique canadien. Le fonds a pour objectif d'encourager les artistes émergents à créer des œuvres qui transcendent les frontières traditionnelles des disciplines artistiques, permettant ainsi à la vision de l'artiste de rejoindre de nouveaux publics à l'extérieur de la galerie et ainsi animer la communauté toute entière. La Galerie 101 tient à remercier tout particulièrement Nadia Laham, qui veille au Fonds Dennis Tourbin. Nous remercions aussi Stephen Bunga, de Wet Paints, au 240, rue Bank, qui a fourni la peinture qui a servi à la création de l'œuvre. Nous les remercions tous deux pour leur confiance et leur soutien inestimable dans la programmation et la vision de la galerie 101. Pour faire un don, veuillez envoyer un chèque au Fonds Dennis Tourbin, Fondation communautaire d'Ottawa, 301-75 rue Albert, Ottawa K1P 5E7. Galerie 101 tient aussi à remercier l’appuie de Mike Muller et Jason Basil, Michael Tatsis à Ristorante Fiori’s, Aenos Foods, Chiarelo Foods, Steam Whistle, Dragani wines, Gilmore Printing et Optima.